Logis de Saint-Amant

Au Moyen Âge, la seigneurie de Saint-Amant, comme celles de la Borde, de la Chaudellerie et du Châtenet, était un fief de petite étendue comprenant terres, vignes, moulins, vergers, garenne et logis. Les seigneurs devaient au vicomte de La Rochefoucauld, leur suzerain, redevances féodales et assistance militaire. Ils avaient aussi l’obligation de remettre la liste de leurs possessions, ou dénombrement, à l’évêque d’Angoulême, lui-même suzerain du vicomte de La Rochefoucauld. Ces précieux documents permettent de retracer en partie l’histoire des seigneurs de Saint-Amant.

Au XVe siècle, le fief revient par mariage à la famille Dexmier qui fait rebâtir le logis à la fin du siècle. Au début du XVIIe siècle, il passe à la famille de Ravard qui le conserve pendant un siècle et demi. Vers 1750, le seigneur est dit ruiné et le logis délabré. Le domaine est acheté en 1768 par maître Rioux de Mailloux, notaire royal qui le revend en 1772 au marquis de Montalembert. Le logis est alors décrit en mauvais état bien que charpente et murs soient encore jugés solides. Au milieu du XIXe siècle, la commune l’achète pour établir l’école, le logement de l’instituteur et le presbytère.
La grande salle est transformée en salle de classe pour les garçons et de vastes fenêtres sont ouvertes sur la façade ouest. En 1886, après la construction d’une école pour les garçons, le logis abrite une classe de filles jusqu’en 1947, moment où l’école devient mixte.

Situé au sud de l’église, le logis se compose de deux corps de bâtiment en équerre surmonté d’un toit à forte pente. Il date du XVe siècle et a été modifié aux XVIIe et XIXe siècles. Il est classé Monument Historique depuis 1983. À l’intérieur, la grande cheminée et le plafond peint, orné de motifs géométriques et floraux, témoignent encore des aménagements seigneuriaux. Une porte charretière et une porte piétonne permettent l’accès à la cour intérieure où l’on peut découvrir la porte de style gothique de la tour d’escalier. Le blason des Dexmier a été martelé à la Révolution. L’ensemble se situe dans un environnement bucolique : l’esplanade qui s’étend au sud jusqu’à la Bonnieure a remplacé l’ancien jardin du logis.


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